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L’immobilité professionnelle

Le métier est devenu éreintant. Aujourd’hui, la grande majorité des PE ne se voit pas effectuer toute sa carrière devant les élèves en classe entière, jusqu’à 65 ans. Lassitude, fatigue, désillusion ou tout simplement besoin de changement : la mobilité professionnelle reste un sujet majeur pour notre profession.

CONSTAT

Des perspectives d’évolution ou de reconversion existent pour les professeurs des écoles, mais y accéder relève du parcours du combattant.

Mobilité fonctionnelle (changement de corps ou de mission), mobilité vers d’autres administrations (détachement, mise à disposition, disponibilité ou reclassement), reconversion professionnelle (évolution vers un autre métier, dans ou hors de la fonction publique) … Sur le papier, les possibilités d’évolution semblent multiples. Mais dans les faits, le manque de temps, le manque de moyens financiers et humains sont prégnants.

En matière de mobilité géographique, un changement de lieu d’exercice, qu’il concerne l’école ou le département, peut parfois devenir particulièrement difficile, voire impossible, dans un système actuellement totalement sclérosé.

QUELLES CONSÉQUENCES ?

Le besoin de diversifier son parcours ou son environnement professionnel est légitime et compréhensible. Cependant, la formation universitaire des professeurs des écoles est, soit trop généraliste, soit trop disciplinaire, ce qui constitue généralement un premier obstacle. En effet, il faut se former pour pouvoir exercer un autre métier. Et pour cela, les professeurs des écoles ont besoin d’avoir du temps de travail dégagé et surtout, que celui-ci leur soit accordé.

Vouloir évoluer ne suffit pas. Le professeur des écoles se heurte bien souvent à de nombreux obstacles : complexité de mobilisation du CPF (Compte personnel de formation), nombre insuffisant de CFP par département (congés de formation professionnelle), manque de remplaçants pour les collègues en formation, refus de temps partiel ou de disponibilité sur autorisation, sans compter l’argument récurrent des nécessités de service. Dans ces conditions, se former sur son temps de travail devient si difficile que cela favorise “l’immobilité professionnelle” par le découragement de nombre de candidats.

L'AVIS DU SNALC

Face à l’impossibilité d’obtenir une mutation, de nombreux professeurs des écoles se tournent vers des solutions alternatives, telles que la disponibilité, le temps partiel ou le détachement. Toutefois, l’accès à ces dispositifs devient lui-même de plus en plus difficile, au point d’amener nombre d’entre eux à envisager un départ de l’Éducation nationale. C’est pourquoi, pour le SNALC, la mobilité professionnelle doit devenir une réelle possibilité, soutenue par une information claire, des procédures transparentes et un accompagnement construit et constructif par les RH de proximité.

Changement de corps ou de métier et mobilité au sein de la fonction publique doivent être facilités dans les académies : détachements dans le second degré ou dans d’autres ministères, reconversions, disponibilités, congés de formation professionnelle… De la même manière, les dispositifs pour quitter le professorat nécessitent des assouplissements.

Le SNALC, tout en soulignant les risques et les limites de ces dispositifs, informe et accompagne les collègues sur la disponibilité, le cumul d’activités, le CPF, le CFP et la rupture conventionnelle. Il propose son service mobi-SNALC pour ses adhérents qui sont dans une démarche d’évolution professionnelle.

POUR LE SNALC, IL FAUT

  1. Renforcer le nombre des conseillers mobilité-carrière pour permettre un suivi personnalisé et un meilleur accompagnement des projets de reconversion.
  2. Garantir la transparence des procédures d’obtention et d’attribution des temps partiels, disponibilités, détachements, mutations, etc.
  3. Augmenter notablement le nombre de congés de formation professionnelle et de CPF accordés dans chaque département.
  4. Multiplier et diversifier les dispositifs de départ tel “Passerelle” et augmenter le nombre de ruptures conventionnelles accordées.
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