Dans un contexte démographique et budgétaire que nous savons tous globalement défavorable, l’actuel ministre de l’Éducation nationale a annoncé à la suite du dernier CSA ministériel (et un gros cafouillage sur les chiffres) la suppression de 87 « moyens d’enseignement » dans le premier degré pour l’académie Orléans-Tours, tout en défendant l’idée d’une amélioration globale de nos conditions de travail, statistiques nationales à l’appui.
Mais la réalité du terrain est bien plus nuancée, et le SNALC Orléans-Tours se devait de la repréciser.
Un « moindre mal » bien difficile à encaisser
Le ministère de l’Éducation nationale avance que dans le 1er degré, seuls 53% des postes qui auraient pu être supprimés en 2026 le seront effectivement. Nous aurions donc pu, à l’en croire, subir deux fois plus de suppressions de postes dans chacun de nos départements. Pourtant, cette politique du « moindre mal » s’est déjà traduite dans l’académie Orléans-Tours par 180 postes de professeurs des écoles disparus entre la rentrée 2024 et celle de septembre 2026. Oui, ça aurait pu être pire. Ça peut toujours l’être.
Mais le SNALC Orléans-Tours ne peut accepter le « moins pire », alors même que nos DSDEN ont déjà toutes les peines du monde à assurer un niveau de remplacement suffisant et que l’administration a un recours croissant aux contractuels pour qu’un professeur soit face aux élèves dans chaque classe.
Car supprimer des postes, ce n’est pas seulement fermer des classes ou des écoles, et contraindre des collègues à changer d’établissement. C’est devoir choisir si l’on ouvre plutôt un poste de titulaire-remplaçant, un poste RASED ou un dispositif ULIS, alors que nous manquons cruellement des trois. C’est conforter un système d’inclusion au forceps, générateur de souffrance pour tous. C’est, dans de nombreux cas, réduire le temps de décharge de nombreux directeurs pourtant surchargés.
La politique en REP/REP+ doit servir d’exemple, et non d’excuse
A contrario, le SNALC Orléans-Tours se félicite de l’amélioration très nette des taux d’encadrement dans l’éducation prioritaire depuis plusieurs années, du fait notamment des dédoublements de classes et d’un véritable projet à long terme. Elle ne doit pas être une exception, mais l’exemple à suivre et à généraliser.
Les données de l’éducation prioritaire ne doivent pas non plus masquer la situation générale, car trop d’écoles et de communes sont confrontées aux effectifs élevés ou au désespoir du risque de fermeture de leur école.
La ruralité (encore) sacrifiée ?
Le SNALC Orléans-Tours n’a pu que constater – et dénoncer – depuis des années que l’amélioration des taux d’encadrement nationaux et régionaux se font au détriment des besoins d’une ruralité exsangue, renforçant un peu plus chaque année l’opposition délétère entre l’école des bourgs et l’école des tours.
Or, 12% des écoliers de l’académie sont scolarisés dans les zones rurales dites éloignées (la moyenne nationale est de 7%). Dans ces mêmes zones, le nombre d’élèves par classe dépasse la moyenne nationale dans quatre de nos six départements. Et ce ne sont que quelques exemples.
Le SNALC Orléans-Tours réaffirme donc avec conviction, année après année, qu’une démographie en baisse ne légitime pas l’accélération de l’abandon du service public d’éducation, en particulier dans les territoires ruraux. Elle est, au contraire, une opportunité à saisir pour l’avenir de notre pays.











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