Communiqué des sections d'Indre-et-Loire des syndicats de l’éducation et
fédération de parents :
SNALC, SUD, FCPE, CFDT, FSU, UNSA, CGT
Dans un article du 14 septembre 2026, consacré à la rentrée des élèves en situation de handicap en Indre-et-Loire, La Nouvelle République, interviewant une inspectrice de l’Éducation nationale, rapporte que « 93 % des élèves notifié.es bénéficient effectivement d’un accompagnement » et présente la rentrée comme « satisfaisante ». Ce chiffre mérite d’être examiné de près. S’il indique qu’un accompagnement existe, il ne dit pas si celui-ci répond aux besoins reconnus par la MDPH et inscrits dans le projet personnalisé de scolarisation de chaque enfant notifié.e. En lisant l’article, nos adhérent.es nous parlent de cynisme, d’autocongratulation, de mondes parallèles. Nous voulons expliquer pourquoi, en tant que syndicats de l’éducation et fédération de parents nous sommes en désaccord avec cette interview.
Pour une aide individuelle, la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) précise notamment un nombre d’heures hebdomadaires. Pour une aide mutualisée, elle définit les activités principales de l’accompagnement, sans fixer de quotité horaire.
Dans les deux cas, compter un élève comme « accompagné.e » ne suffit donc pas à établir que l’aide dont il ou elle a besoin est réellement assurée au niveau et aux moments nécessaires.
Et les 7 % restants ? À cette rentrée, le chiffre de 174 collégien.nes sans AESH malgré une notification a été rendu public en Indre-et-Loire. Il concerne les collèges et ne permet pas de connaître la situation des écoles maternelles et élémentaires.
Or, combien d’élèves du premier degré attendent aussi une aide humaine ?
Combien d’élèves, tous niveaux confondus, ne reçoivent qu’une partie de l’accompagnement prévu ?
L’administration se félicite d’un taux global qui ne dit rien de la qualité ni de l’étendue réelle de l’accompagnement.
Nos organisations constatent que le nombre d’AESH disponibles reste largement insuffisant au regard des besoins. Les personnels en poste accompagnent le plus souvent plusieurs élèves, parfois dans plusieurs établissements, avec des emplois du temps construits sous la contrainte du manque de moyens. Leur engagement permet à l’école de fonctionner : il ne doit pas servir à présenter comme satisfaisante une situation qui laisse de nombreux besoins sans réponse.
Le déploiement des pôles d’appui à la scolarité (PAS) suscite, dans ce contexte, une inquiétude majeure. Le texte ministériel leur confie notamment la mise en œuvre des accompagnements notifiés par les MDPH. Mais réorganiser et mutualiser les AESH sur des secteurs plus vastes ne crée pas miraculeusement les personnels qui manquent. De plus, le passage aux PAS s’accompagne déjà, pour nombre d’AESH, d’un élargissement contraint de leur périmètre d’intervention et d’un allongement des distances à parcourir. À leur rémunération dérisoire, essentiellement liée à des contrats à temps incomplet, s’ajoutent alors davantage de trajets, de fatigue et de frais de carburant : c’est inacceptable.
Nous, syndicats de l’éducation et fédération de parents, demandons à la DSDEN d’Indre-et-Loire :
- de publier, séparément pour le premier degré et les collèges, le nombre précis d’élèves notifiés sans aucun AESH ;
- de préciser, pour l’aide individuelle, les heures notifiées et les heures effectivement assurées, et de rendre compte des besoins non couverts pour l’aide mutualisée ;
- de présenter un plan de recrutement et de fidélisation des AESH correspondant aux besoins réels constatés dans le département ;
- de communiquer les périmètres des PAS, le nombre moyen d’établissements fréquentés par chaque AESH au cours de l’année scolaire, l’éloignement moyen de leur domicile, et les conséquences du
déploiement sur leurs déplacements et leurs frais ; - d’établir avec les représentants des personnels et des familles un bilan contradictoire du fonctionnement des PAS et de la mise en œuvre effective des notifications.
L’article L. 112-1 du code de l’éducation impose à l’État de mettre en place les moyens humains et financiers nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des élèves en situation de handicap. Le bon indicateur n’est pas seulement le pourcentage d’élèves auxquels une AESH a été affectée : c’est l’aide réellement reçue, dans des conditions respectueuses des droits des élèves et du travail des personnels.
Le principe de l’école inclusive a été adopté, les autorités s’en félicitent fièrement et nous approuvons pleinement le principe et une partie des résultats. Mais sur le terrain on constate bien trop souvent qu’une école inclusive à moitié faite, insuffisamment dotée, est une école maltraitante tant pour les élèves et leurs parents que pour les personnels.











